AL’MATA est scénariste, dessinateur et coloriste.

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Il a notamment écrit :

Les Tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet

Bonjour Al-Mata et bienvenue sur jedessinemabd.com .

Pouvez-vous d’abord vous présenter?

Comme tous les gamins j’ai commencé à dessiner très jeune vers 6 ans à l’école primaire et dans ma famille mes grands frères dessinent beaucoup , notamment l’un de mes frères fait des BD pour son plaisir ! Je lisais aussi beaucoup de bande dessinée franco belge mais aussi des comics.

Après l’école primaire je suis entrée à l’école des beaux-arts, mon père ne voulait pas car il pensait que ce n’était pas un métier qui permettrait de me faire vivre mais un de mes oncles croyait en mon jeune talent ainsi que Mr L’Abbé un homme du quartier me soutenait.

Aux Beaux-arts je suis sorti major de ma promo. Puis j’ai participé au stage du dessinateur belge le créateur de Léonard le Génie- Philippe Liegois alias Türk- qui était à Kinshasa pour animer un atelier de bande dessinée ! A cette époque-là je ne pensais pas à la BD mais ça a été le déclic ! J’ai travaillé notamment avec Asimba Bathy (bédéiste congolais) et à partir de ce stage j’ai voulu travailler dans la bande dessinée.

Après mes études un ami de mon frère recherchait un caricaturiste pour son journal. C’était au moment de l’avènement de la démocratie au Congo, il est venu me chercher. J’étais le plus jeune dans la rédaction (21 ans). Quatre ans après j’étais devenu le directeur artistique de ce quotidien  « L’Observateur » et on avait créé un supplément magazine pour réaliser des bandes dessinées avec Asimba Bathy, Djemba Djeis, Djemba Mirko et Hissa Nsoli (groupe de bédéistes). Ensemble on a décidé de créer un studio qui s’appelait Studio Bed’Art et une association appelée O.A.R. (organisation des artistes réunis). Entre 1996 et 2001 jai aussi travaillé pour les Editions Afrique Avenir pour illustrer et dessiner des séries BD dans le magazine «Bleu Blanc » qui était destiné aux écoliers.

Avez-vous un univers que vous préférez raconter et êtes-vous libre de choisir et de l’imposer aux maisons d’éditions ? Et y a-t-il un scénario que vous rêvez d’écrire et dessiner?

L’Afrique en général car c’est un terrain non exploité et on peut raconter nos propres histoires. La plupart des bandes dessinées qui parlent d’Afrique sont dessinés par les européens, j’aimerais raconter nos propres histoires avec notre vision africaine avec ou sans héros européens. C’est le moment de donner la parole à ce décor. C’est donc mon terrain de prédilection.

Quels sont vos projets à venir ?

J’ai un personnage que j’aimerais bien mettre en avant dans une BD : c’est l’histoire d’un jeune garçon de 10 ans Kambo (je l’ai dessiné notamment dans un manuel des Editions Hachette) mais je ne l’ai pas encore fait en album BD. J’aimerais en faire une BD destinée à la jeunesse.

Actuellement je suis en train de dessiner des gags qui s’appelle Mon gars Ma go, une série que j’ai dessiné dans le magazine Planète Jeune chez Bayard Presse, c’est un magazine destiné à l’Afrique francophone puis cette série a été transformé en photo roman au départ avec mes scénarios. J’aimerais en faire une BD avec des histoires drôle d’une à deux pages.

Enfin avec mon scénariste, nous travaillons sur le 3ème tome de Madiba, on est sur la fin du scénario mais j’ai déjà commencé à travailler sur les personnages, je fais le repérage des lieux et des personnages.

Il me faut 1 an pour réaliser un 46 pages, au-delà de 60 pages 1 an et demi ou plus.

Pensez -vous travailler prochainement avec un scénariste ou un dessinateur ?

Je travaille principalement avec le scénariste Christophe Edimo, j’aimerais bien faire mon propre scénario mais c’est très long. Ce que j’aime c’est notre échange avec Christophe. Par contre pour les gags de Mon gars Ma go c’est moi qui écrit les gags.

Vous appartenez à la génération des auteurs de Bande Dessinée du Congo. Il semble en expansion ! Quelles sont ses particularités? 

La BD africaine suit l’influence belge comme la ligne claire et temps d’autres mouvements d’école, elle est encore jeune. Pour le moment nous sommes encore engloutit dans la BD franco – belge. Nous n’avons pas encore des éditions africaines et il existe quelques petites éditions ici et là mais pas encore canalisée.

Au niveau de l’humour il y a une différence culturelle. Par exemple, la langue nationale est Le Lingala. On a un humour propre et on a du mal parfois à le transcrire du lingala au français pour que ça passe. C’est cet effort que nous faisons pour faire rire tout le monde dans un contexte international. Y’a même un dessin animé Bana Boul dont certains gags sont sous titré en français, mais les autres c’est difficile. Le dessinateur de ce dessin animé fait un travail remarquable avec la suite de ses histoires.

Passons aux questions techniques :

– Quel conseil me donneriez-vous pour réaliser ma 1ère BD  ?

A un jeune débutant d’abord La passion c’est le truc nécéssaire !!! et avoir un petit peu de maitrise en dessin, peu importe le style mais il faut maitriser le code de la BD. Avoir une narration, et savoir découper les planches et bien calibrer les prises de vues est aussi nécessaire. Il faut être amateur de cinéma.

C’est un travail de longue haleine. Il ne faut pas être pressé d’être édité il y a des choses à maitriser le plan, la narration…. Et c’est très difficile d’être scénariste et dessinateur en même temps surtout au début.

Il ne faut pas commencer par les longues histoires mais des petites histoires. Un nombre de pages réduit, 10 pages suffit pour démarrer.

Il ne faut pas hésiter à aller voir les professionnels pour leur demander conseils.

Comment avez-vous réussi à être édité par une maison d’édition ?

Pour être éditer il faut un projet, un book et les proposer. Pour la BD africaine c’est d’autant plus difficile car la maison d’édition doit pourvoir caser ton projet dans leur catalogue , et parfois ils ne savent pas.

Chaque année il y a de nombreuses demandes surtout avec la concurrence (le nombre de jeunes qui sortent des écoles) l’auto-édition est donc une bonne chose pour se faire éditer, et ça amène de la concurrence.

– Vous travaillez avec tablette numérique ou de façon traditionnelle Que préférez-vous et pourquoi ?

Je dessine de façon traditionnel de a à z. Je toucherais peut-être au numérique. Mais de nombreux lecteurs aiment mon style traditionnel, même le lettrage que je réalise à la main ! Et l’avantage du traditionnel est qu’on a toujours des originaux que l’on perd avec le numérique !!!

Pour les couleurs j’utilise l’aquarelle.

Vous inspirez-vous de modèle pour dessiner vos personnages ?

Au niveau dessin j’ai beaucoup d’imagination, j’ai toujours un carnet dans mon sac pour dessiner dès que je vois quelque chose qui me semble beau, je peux aussi prendre des photos. Parfois je m’inspire de personnages connu comme dans les Tribulations de MAdiba je me suis inspiré de De Funes comme le papa de Gégé l’agriculteur.

 

Merci Al’Mata pour le temps passé avec nous c’était un plaisir.

Je rappelle que ta BD : téléchargement

« Les tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet » (tome 1 et 2) est paru en novembre 2016 aux éditions Harmattan.

 

Voici les prochaines dédicaces où on peut te trouver 

  • 2 septembre à Mantes La Jolie pour la journée des associations avec Mantes BD
  • Du 3 septembre au 1er octobre : Dédicaces au Festival BD Lezoux
  • Du 5 au 8 octobre au FIBDA le festival international de la BD d’Alger en Algérie
  • Du 27 au 29 octobre Festival quai des Bulles à Saint Malo
  • Du 8 au 12 novembre au Festival Africain Bagiliba à Fayence dans le Var

 

On peut te suivre sur Instagram

https://www.instagram.com/almata_bd/

Mais aussi sur Facebook

https://www.facebook.com/al.mata.39


A bientôt sur le net, et pour tes prochains albums !

4 thoughts on “Interview de AL’MATA

  1. Formidable dessinateur avec un style trës particulier entre humour et réalisme , les deux volets de l’album de Madiba sont vraiment recommandable , une histoire drôle et touchant à la fois comme l’a précisé Maître GIMS en préface de cet album intégral . Bravo l’artiste et surtout ton interview me plonge davantage à votre univers . Nous te soutenons !

  2. Artiste très appliqué Ayant grandi à l’ombre des grands dans le métier, Sans conteste, Al’ Mata est celiui qui pilote avec maestria la deuxième génération de la bande dessinée congolaise.

    1. Artiste très appliqué ayant grandi à l’ombre des grands dans le métier, sans conteste, Al’ Mata est celiui qui pilote avec maestria la deuxième génération de la bande dessinée congolaise.

  3. Merci beaucoup pour l’interview , car çela fait un moment que je suis cet auteur africain , au talent impressionnant . Son univers avec le personnage de Madiba mérite d’être reconnu . Nous attendons le tome 3avec impatience .
    Albert Vinton

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