J’ai eu la chance d’interviewer le fameux Thierry Gloris !

Fameux mais pourquoi donc ?

Quoi mais si vous avez sûrement lu une de ses BD !!! C’est un auteur très prolifique !!! Il est scénariste de Bande dessinée ! Allez voici la liste de ses oeuvrse  :

Codex Angélique (Le) 2006

Malgré nous de 2009 à 2013

Saint-Germain de 2009 à 2010

Waterloo 1911 de 2008 à 2012

Souvenirs d’un Elficologue de 2009 à 2012

Ainsi va la vie (Charve) 2010

Aspic, détectives de l’étrange à partir de 2010

Meridia de 2011 à 2013

Missi Dominici de 2009 à 2013

Tokyo Home en 2010

Grande évasion (La) en 2013

Reines de sang (Les) – Isabelle La Louve de France de 2012 à 2014

NSA de 2015 à 2017

Champs d’honneur de 2016 à 2017

Tuniques Bleues (Les) en 2016

une Génération française 2017 (tome 1 et 2)

Bushido – Yuki tome 1 : sortie prévue 2 juin 2017

 

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Bonjour Thierry et bienvenue sur jedessinemabd.com .

Peux-tu d’abord te présenter ?

Alors je n’ai pas de pseudo, ma seule identité est Thierry Gloris.

Lorsque j’ai passé un DEA en histoire spécialisé sur le 19ème siècle et la caricature je n’avais pas du tout l’idée de faire de la BD. L’envie est venue à la naissance de ma fille alors que je passait le CAPES !

Pourquoi la BD ? Elevé en province, le seul moyen que j’avais de m’évader était la BD notamment avec Astérix et Obélix. Bon j’étais actif dans la BD puisque j’appartenais à une association qui organisait le festival de la bande dessinée à Bordeaux et j’ai aussi participé à la création d’un journal sur la BD. Mais le vrai déclencheur a été la naissance de ma fille.

ET tu as démarré à quel âge à écrire ? Et comment es-tu devenu auteur de bande dessinée?

J’ai mis 10 ans avant d’avoir ma 1ère publication (entre la décision et la 1ère publication).

ça a été extrêmement long et difficile. Mais je n’ai jamais baissé les bras. Bien sûr, à côté je bossais mais ça a été très très long.

Les scénaristes professionnels en France et qui en vivent sont en réalité très très peu, on est à peu près une cinquantaine ! Les autres scénaristes c’est plus ponctuel. Vivre uniquement du scénario est très difficile !

Pendant ces 10 ans, je présentais un dossier tous les 2 mois, dossier qui m’étaient renvoyé comme à tout le monde. Donc en 10 ans j’ai envoyé de nombreux dossiers !

Ce que j’ai trouvé frustrant c’est que je n’étais jamais lu puisque la lecture du scénario ne se fait pas si on n’accroche pas sur les planches donc sur le dessin. Mais en 10 ans mon nom revenait souvent, je commençais malgré tout à être reconnu sans être édité.

Et puis au bout de 9 ans c’était au Festival d’Angoulême ; je discutais avec un certains Thierry, je ne savais pas qui il était. C’était le rédacteur en chef de Spirou chez Dupuis ! Et à un moment donné il m’a demandé si j’avais des choses à lui montrer. Bien sûr j’avais un sac rempli (après 10 ans de dossiers) ! Je lui ai montré les meilleurs. ça lui a plu. Habituellement j’attendais une journée entière pour être reçu 15 minutes à peine et là il me proposait de bosser pour Spirou !

J’ai travaillé des mois sur des scripts et j’ai appris le métier comme ça. Ça a duré presque un an toujours sans être publié !! C’était beaucoup de travail. Et puis comme les scripts plaisaient à tout monde je devais signer un contrat. Le rendez-vous était fixé avec mon éditeur. C’était un dimanche matin dans un bar, moi tout heureux et mon éditeur, d’un air grave, me dit : « Est ce que tu sais ? » Bah non je ne savais pas ! Dans la nuit leur maison d’édition (indépendante depuis sa création) avait été racheté par un groupe d’actionnaires. Il ne pouvait plus signer les contrats !

Oh j’ai beaucoup appris avec cette expérience.

Je n’ai pas baisser les bras pour autant, ça faisait 10 ans que je me battais. Alors, j’ai décidé de retravailler sur des projets adultes. J’ai trouvé un dessinateur Mikaël Bourgoin. J’ai envoyé le projet chez les éditions Delcourt. Et là, un mois plus tard c’était un matin, je m’en souviendrais toujours car j’avais rendez vous chez Manpower pour un job. Je reçois un coup de fil et c’était les éditions Delcourt seulement 3 jours après leur avoir envoyer le projet ! Tu imagines d’habitude je devais attendre 3 mois pour avoir une réponse. Ils étaient très intéressés. Et à partir de là , tout a démarré.

Quand mon 1er livre a été édité « Le Codex Angélique » l’album a été remarqué ça a bien fonctionné. Après tout s’est enchainé. Le truc c’est que j’étais un jeune auteur mais avec 10 ans d’expérience et ça a fait la différence ! Grâce à ce démarrage, j’ai pu ensuite travailler chez Glénat, Dargaud…

Tu travailles avec plusieurs maisons d’éditions comment ça se passe ?

La difficulté de proposer des travaux dans des maisons d’éditions différentes est qu’à chaque fois il faut montrer patte blanche même si on est déjà publié car ils ne vous connaissent pas. Ils connaissent les résultats des ventes, mais ils n’ont jamais travaillé avec vous. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’auteurs ne changent pas d’éditeur. Il faut montrer patte blanche, à chaque fois, pour savoir comment fonctionner avec eux. C’est pas toujours évident. Mais comme je l’ai fais pendant 10 ans ça ne me gêne pas trop.

As – tu un univers préféré ?

Je n’ai pas de sujet préféré. Tout m’intéresse !

Quels sont tes projets à venir ?

En ce moment je travailles avec les éditions Dupuis sur Bushido un projet jeunesse. J’ai toujours voulu travaillé sur un projet jeunesse. Là j’en ai un et c’est le pied total !

Quelles sont les différences entre un projet jeunesse et un projet adulte ?

Dans un projet jeunesse les lignes narratrices sont plus simples. Bushido c’est l’histoire d’un petit garçon qui veut devenir samouraï. L’idée est simple, après bien sûr il y a pleins d’autres choses qui sont abordées !

Pour l’adulte, il faut interpeler sa conscience sinon ça ne fonctionne pas !!! C ‘est ce qui est difficile car pour présenter un dossier il faut de l’originalité, or pour moi ça n’existe pas. C’est uniquement la façon de présenter une histoire qui est différente. Mais l’éditeur lui est à la recherche d’une « originalité ».

Comment rencontres-tu les dessinateurs avec lesquels tu travailles ?

Il faut savoir que je suis extrêmement fidèle ! Je bosse toujours avec ceux avec qui ça a bien fonctionné ! J’ai travaillé avec beaucoup de monde car j’ai fait beaucoup d’albums et je travaille avec les mêmes personnes pendant des années.

Pour le projet Bushido, avec Manu, on s’est croisé dans un festival on a bien rigolé et on a bossé ensemble.

En fait, il n’y a pas de règles.

Aujourd’hui, j’ai des dessinateurs qui viennent me proposer de travailler avec moi, c’est agréable aussi. Et parfois ce sont les éditeurs qui nous mettent en contact. Quand j’aime allez hop j’y vais.

Passons aux questions plus techniques :

– Comment travailles-tu avec le dessinateur ?

Je n’ai pas de règles absolues, je m’adapte. La règle doit être établie dès le départ, le mode de fonctionnement doit être clair.

J’écris un script. Je le propose au dessinateur. S’il est ok pour s’engager, je commence à faire mon découpage. En général, je donne 10 à 15 planches et je passe à un autre projet. J’essaye de faire un demi album et j’envoie la suite quand il arrive à la fin de la première moitié. Tout est découpé case par case, plan par plan.

Bon, tout n’est pas prévu dès le départ, mais je sais comment sera faite la planche c’est relativement cadré. Mais ce qui m’intéresse c’est que ça fonctionne. Si le dessinateur donne d’autres points de vue sur un découpage, c’est pas un souci !

Plus on travaille avec des professionnels moins on n’intervient. Avec les jeunes dessinateurs c’est plus délicat car ils ont moins d’expériences et ont tendance à vouloir rester sur leur position. La sagesse vient avec l’âge.

 

– Comment choisis tu le rythme du récit ?

Tout dépend du format choisi de l’album : 46, 52 ou autre.

Je suis un spécialiste du récit 46 planches. Pour ce format, quand tu réfléchis, c’est comme les 46 minutes d’une série télévisée !

il y a un côté mécanique à connaitre. Sur ta 1ère page il faut envoyer quelque chose de fort, sinon le lecteur ne rentre pas dans l’histoire. Il faut aussi quelque chose de fort avant la page 15, où se situe le climat médian. Ça peut être plein de choses comme une mort, une révélation, une caractérisation de personnage étonnante…

Ensuite, autour des planches 40 à 46 c’est le final : c’est le feux d’artifice de ton album !

Quand tu fais un scénario d’action, d’un récit d’aventure par exemple, à l’avant dernière page tu auras l’acte 2 qui est une respiration et une extrapolation sur le futur. A la fin de l’album tu peux avoir une relance sur le tome 2. Attention, l’accroche final est sur la dernière page.

Après il y a pleins d’écoles mais personnellement c’est le format sériel (inventé au 19ème siècle pour le théâtre de boulevard) qui est le mien.

Après le rythme des cases, le case à case : c’est extrêmement personnel et c’est à chaque auteur de mettre son énergie, sa pensée et sa tonalité. Pour moi, ça ne s’explique pas. Mais comme tu as déjà les étapes tu sais où tu dois aller et donc comment tu fais.

Je conseille de lire un excellent livre : « La dramaturgie » de Yves Lavandier aux Editions du Clown et l’Enfant (c’est une auto-édition). C’est le meilleur bouquin sur le scénario que je connaisse. Par contre c’est très théorique, il faut prendre son courage pour le lire mais avec, tu as un excellent aperçu de ce qu’est un scénario.

 

– Quel conseil me donnerais tu pour écrire le scénario de ma 1ère BD  ?

La ténacité et la patience ! Il n’y a que ça la ténacité et ne pas oublier que c’est un milieu très insécure.

 

 

Un grand merci Thierry Gloris pour le temps passé avec nous, c’était un plaisir.

 

Je rappelle que les dernières BD sorties sont :

– Aspic détectives de l’étrange Tome sorti en septembre 2016

 

– Une génération française en mai 2017

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– Bushido qui sort le 2 juin !

 

A bientôt sur le net, pour un prochain album et rendez-vous pour une prochaine dédicace !

 

4 réflexions au sujet de « INTERVIEW DE THIERRY GLORIS »

  1. Super interview! Comme quoi, la passion et la persévérance finissent par payer mais il faut savoir être patient! C’est bien qu’il ne se soit pas découragé vu le plaisir qu’on a à lire ses œuvres auojurd’hui.

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